Traverser le labyrinthe des médicaments contre la migraine : un guide complet des traitements préventifs

Naviguer dans le monde des traitements de la migraine peut souvent sembler décourageant, surtout avec la myriade d’options disponibles aujourd’hui. Cet article se veut une boussole qui vous guidera dans les méandres des médicaments préventifs. Nous explorerons l’évolution fascinante de ces traitements, depuis les découvertes fortuites jusqu’aux solutions méticuleusement élaborées. En nous penchant sur les médicaments oraux traditionnels et sur les avancées les plus récentes dans ce domaine, nous visons à fournir une vue d’ensemble complète qui démystifie la science et apporte de la clarté. Que vous cherchiez à mieux comprendre votre traitement actuel ou que vous soyez curieux de savoir ce que l’avenir vous réserve, ce guide est conçu pour vous permettre d’acquérir des connaissances et des idées dans le paysage en constante évolution de la prévention de la migraine.

Médicaments oraux de prévention de la migraine

La migraine est une affection neurologique débilitante qui touche des millions de personnes dans le monde. Alors que les traitements aigus visent à soulager la douleur et les symptômes d’une crise de migraine en cours, les médicaments préventifs sont conçus pour réduire la fréquence, la gravité et la durée des épisodes migraineux. Il est intéressant de noter que bon nombre des médicaments oraux préventifs de la migraine (OMPM) actuellement prescrits n’ont pas été développés à l’origine pour la prévention de la migraine. Ils ont été conçus pour d’autres pathologies, mais on a constaté par la suite qu’ils avaient des effets bénéfiques sur la réduction de la fréquence et de la gravité des migraines.

Par exemple, certains anticonvulsivants, initialement prévus pour traiter l’épilepsie, et certains antidépresseurs, initialement conçus pour traiter la dépression, se sont révélés efficaces dans la prévention de la migraine[1]. De même, les bêta-bloquants et les inhibiteurs calciques, deux classes de médicaments cardiovasculaires, ont été réaffectés à la prévention de la migraine en raison de leurs avantages observés chez les patients migraineux[2]. L’utilisation non indiquée de ces médicaments pour la prévention de la migraine souligne la nature complexe de la maladie et les voies interconnectées impliquées dans sa pathophysiologie.

Il est essentiel de comprendre que si ces médicaments peuvent être efficaces, ils ne le sont pas forcément pour tout le monde et que l’adhésion au traitement peut varier d’un patient à l’autre. Des études ont montré que l’adhésion aux OMPM peut être faible, de nombreux patients interrompant le traitement au cours des premiers mois[1][2]. Cela souligne l’importance d’un suivi régulier avec les professionnels de la santé pour s’assurer que le médicament préventif choisi est efficace et bien toléré.

Dans les sections suivantes, nous approfondirons quatre catégories de médicaments préventifs oraux : les anticonvulsivants, les antidépresseurs, les bêta-bloquants et les inhibiteurs calciques, en explorant leurs mécanismes, leurs avantages et leurs effets secondaires potentiels.

Médicaments anticonvulsivants pour la prévention de la migraine

Les anticonvulsivants, principalement développés pour traiter l’épilepsie, ont trouvé une utilisation secondaire dans la prévention des crises de migraine. La réorientation de ces médicaments vers la prévention de la migraine témoigne de la nature multiforme des crises de migraine et du chevauchement des voies neurologiques qu’elles partagent avec d’autres affections.

L’une des principales raisons pour lesquelles les anticonvulsivants sont efficaces dans la prévention de la migraine est leur capacité à stabiliser les membranes neuronales et à moduler la libération des neurotransmetteurs, réduisant ainsi l’hyperexcitabilité du cerveau qui peut conduire à des crises de migraine. Parmi les anticonvulsivants, le topiramate et le divalproex (ou valproate) ont fait l’objet d’une attention particulière en raison de leur efficacité à réduire la fréquence et la gravité des crises de migraine[3].

Toutefois, il convient de noter que si ces médicaments peuvent être efficaces, ils s’accompagnent d’effets secondaires potentiels. Par exemple, certains patients sous traitement anticonvulsivant ont signalé des symptômes de dépression. Il est essentiel que les patients et les prestataires de soins de santé évaluent les avantages par rapport aux risques potentiels. Un suivi régulier et des ajustements de dose peuvent aider à optimiser les bénéfices thérapeutiques tout en minimisant les effets indésirables.

En outre, l’efficacité des anticonvulsivants dans la prévention de la migraine a ouvert la voie à une recherche plus ciblée. Les progrès récents de la pharmacothérapie de la migraine se concentrent sur la compréhension de la physiopathologie des crises de migraine et sur le développement de médicaments qui ciblent spécifiquement les mécanismes de la migraine[4]. Ces thérapies ciblées promettent un indice thérapeutique plus élevé, offrant potentiellement des traitements plus efficaces avec moins d’effets secondaires.

En conclusion, les anticonvulsivants, bien que principalement conçus pour l’épilepsie, se sont révélés être un outil précieux dans l’arsenal de lutte contre les crises de migraine. Leur efficacité souligne l’importance de poursuivre la recherche et le potentiel de reconversion des médicaments dans différentes conditions médicales.

Antidépresseurs pour la prévention de la migraine

La migraine, un trouble neurologique complexe, a été liée à divers déséquilibres biochimiques dans le cerveau. Parmi les divers médicaments utilisés pour la prévention de la migraine, les antidépresseurs sont apparus comme une option importante. Ces médicaments, développés à l’origine pour traiter les troubles dépressifs, se sont révélés efficaces pour réduire la fréquence et la gravité des crises de migraine.

Le mécanisme par lequel les antidépresseurs exercent leurs effets préventifs sur la migraine est multiple. On pense qu’ils modulent les niveaux de neurotransmetteurs, tels que la sérotonine et la norépinéphrine, qui jouent un rôle dans la modulation de la douleur et la régulation de l’humeur[5]. Parmi les antidépresseurs, les antidépresseurs tricycliques (ATC) comme l’amitriptyline et la nortriptyline ont été largement étudiés et sont souvent recommandés pour la prévention de la migraine. Leur efficacité serait liée à leur capacité à augmenter l’activité de la sérotonine et de la noradrénaline dans le cerveau, stabilisant ainsi l’humeur et réduisant la perception de la douleur[6].

Cependant, comme tous les médicaments, les antidépresseurs ont des effets secondaires potentiels. Parmi les effets secondaires courants associés aux TCA figurent la somnolence, la prise de poids, la sécheresse de la bouche et la constipation. Il est essentiel que les patients soient conscients de ces effets secondaires potentiels et qu’ils discutent de leurs inquiétudes avec leur prestataire de soins de santé. Une surveillance régulière et des ajustements de la dose peuvent aider à obtenir les avantages thérapeutiques souhaités tout en minimisant les effets indésirables.

En conclusion, bien que les antidépresseurs n’aient pas été initialement conçus pour la prévention de la migraine, leur capacité à moduler les niveaux de neurotransmetteurs et à stabiliser l’humeur en a fait une option précieuse pour de nombreuses personnes souffrant de migraine. Leur utilisation souligne l’importance de comprendre les liens complexes entre l’humeur, la douleur et les crises de migraine, ainsi que les avantages potentiels du ciblage de ces voies pour les interventions thérapeutiques.

Bêta-bloquants pour la prévention de la migraine

Les bêta-bloquants, une classe de médicaments principalement connus pour leur rôle dans la gestion des maladies cardiovasculaires, ont été reconnus pour leur potentiel dans la prévention de la migraine. Leur utilisation dans la prophylaxie de la migraine témoigne des liens complexes entre les systèmes cardiovasculaire et neurologique.

Le mécanisme exact par lequel les bêta-bloquants préviennent les crises de migraine reste un sujet de recherche, mais on pense qu’ils agissent en stabilisant les vaisseaux sanguins dans le cerveau et en réduisant la fréquence des spasmes des vaisseaux sanguins, qui peuvent déclencher les crises de migraine. En outre, les bêta-bloquants peuvent affecter la libération et l’action de certains neurotransmetteurs, réduisant ainsi la réactivité du cerveau aux déclencheurs de la migraine.

Parmi les bêta-bloquants, le propranolol et le métoprolol ont fait l’objet d’études approfondies et sont souvent recommandés pour la prévention de la migraine. Leur efficacité à réduire la fréquence et la gravité des migraines a été bien documentée dans divers essais cliniques[7]. Cependant, comme tous les médicaments, les bêta-bloquants présentent des effets secondaires potentiels. Les effets secondaires les plus courants sont la fatigue, les vertiges et les mains et pieds froids. Il est essentiel que les patients soient conscients de ces effets secondaires potentiels et qu’ils discutent de leurs inquiétudes avec leur médecin. Une surveillance régulière et des ajustements de la dose peuvent aider à obtenir les avantages thérapeutiques souhaités tout en minimisant les effets indésirables.

En conclusion, les bêta-bloquants, bien qu’ils soient principalement conçus pour les maladies cardiovasculaires, ont trouvé une place précieuse dans la prévention des crises de migraine. Leur utilisation souligne l’importance de comprendre l’interaction complexe entre les différents systèmes physiologiques et le potentiel de ciblage de ces voies pour les interventions thérapeutiques.

Les inhibiteurs calciques pour la prévention de la migraine

Les inhibiteurs calciques sont une classe de médicaments principalement connus pour leur rôle dans le traitement des affections cardiovasculaires telles que l’hypertension et l’angine de poitrine. Cependant, au fil des ans, ils ont également été reconnus pour leur potentiel dans la prévention de la migraine. Leur utilisation dans ce contexte met en évidence les liens complexes entre le système cardiovasculaire et les troubles neurologiques tels que les crises de migraine.

Le mécanisme exact par lequel les CCB préviennent les crises de migraine n’est pas entièrement compris, mais on pense qu’ils agissent en stabilisant les vaisseaux sanguins dans le cerveau, empêchant une dilatation et une constriction anormales, qui peuvent être des déclencheurs de crises de migraine. En outre, les CCB peuvent influencer la libération et l’action de certains neurotransmetteurs dans le cerveau, réduisant ainsi la réactivité du cerveau aux déclencheurs de la migraine[8].

Parmi les inhibiteurs calciques, le vérapamil a été le plus étudié et est souvent recommandé pour la prévention de la migraine. Les essais cliniques ont montré son efficacité dans la réduction de la fréquence et de la sévérité des crises de migraine. Cependant, comme tous les médicaments, les inhibiteurs de la pompe à protons présentent des effets secondaires potentiels. Les effets secondaires les plus courants sont les vertiges, la fatigue et la constipation. Il est essentiel que les patients soient conscients de ces effets secondaires potentiels et qu’ils discutent de leurs inquiétudes avec leur médecin. Un suivi régulier et des ajustements de dose peuvent aider à atteindre les bénéfices thérapeutiques souhaités tout en minimisant les effets indésirables.

En conclusion, les inhibiteurs calciques, bien que conçus à l’origine pour les affections cardiovasculaires, ont été réorientés et ont trouvé une place de choix dans la prévention des crises de migraine. Leur utilisation souligne l’importance de comprendre l’interaction complexe entre les différents systèmes physiologiques et le potentiel de ciblage de ces voies pour les interventions thérapeutiques.

Anticorps monoclonaux anti-CGRP pour la prévention de la migraine

Dans le domaine de la prévention de la migraine, l’introduction des anticorps monoclonaux anti-CGRP (peptide lié au gène de la calcitonine) représente une avancée significative. Contrairement aux médicaments mentionnés précédemment, qui ont été réorientés à partir d’autres indications, ces anticorps ont été spécifiquement conçus pour la prévention de la migraine. Cette approche ciblée découle d’une meilleure compréhension de la physiopathologie de la migraine, dans laquelle le CGRP a été identifié comme un acteur central[9].

Le CGRP est un neuropeptide qui joue un rôle essentiel dans la transmission de la douleur et la dilatation des vaisseaux sanguins dans le cerveau. Des niveaux élevés de CGRP ont été observés pendant les crises de migraine, ce qui en fait une cible privilégiée pour les interventions thérapeutiques. Les anticorps monoclonaux anti-CGRP se lient à la CGRP ou à son récepteur, neutralisant efficacement son activité et empêchant l’apparition des crises de migraine[10].

Forts de cette compréhension fondamentale, nous allons nous pencher sur les anticorps monoclonaux anti-CGRP spécifiques mis au point pour la prévention de la migraine :

  1. Aimovig (Erenumab)
  2. Vyepti (Eptinezumab)
  3. Ajovy (Fremanezumab)
  4. Emgality (Galcanezumab)

Chacun de ces anticorps, tout en partageant un mécanisme d’action commun, possède des propriétés, des schémas posologiques et des données d’essais cliniques qui lui sont propres et qui attestent de son efficacité et de sa sécurité.

Aimovig (Erenumab) pour la prévention de la migraine

Aimovig, également connu sous son nom générique d’Erenumab, a été un ajout important à l’arsenal des traitements préventifs de la migraine. Les essais cliniques ont fourni des preuves solides de l’efficacité d’Erenumab dans la réduction de la fréquence et de la gravité des crises de migraine.

Dans un essai randomisé de phase 3 intitulé « ARISE : A Phase 3 randomized trial of erenumab for episodic migraine », 577 adultes souffrant de migraine épisodique ont été étudiés. Les résultats ont montré que les patients recevant Erenumab ont connu une réduction significative du nombre de jours de migraine par mois. Après trois cycles de traitement, on a constaté une diminution notable du nombre de jours de maux de tête mensuels, plus de la moitié des patients ayant enregistré une réduction de plus de 30 %. Le traitement a été bien toléré, seul un faible pourcentage de patients l’ayant interrompu en raison d’effets secondaires. Les effets indésirables les plus fréquents étaient les infections des voies respiratoires supérieures, les douleurs au point d’injection et les rhinopharyngites[11].

Erenumab est disponible en doses de 70 mg et 140 mg et est administré par injections sous-cutanées mensuelles. Bien que l’Aimovig ait démontré son efficacité dans les essais cliniques, les effets secondaires potentiels associés à son utilisation comprennent des réactions au point d’injection, la constipation, des spasmes musculaires et la rhinopharyngite. Il est essentiel que les patients soient informés de ces effets secondaires potentiels et qu’ils discutent de leurs inquiétudes avec leur médecin.

En résumé, Aimovig (Erenumab) a démontré son efficacité dans la prévention de la migraine à travers des essais cliniques rigoureux, offrant une approche ciblée qui a été validée par la communauté scientifique.

Vyepti (Eptinezumab) pour la prévention de la migraine

Vyepti, connu sous le nom générique d’Eptinezumab, est un autre ajout notable au groupe d’anticorps monoclonaux anti-CGRP développés pour la prévention de la migraine. Les essais cliniques ont permis d’établir son profil d’efficacité et de sécurité.

Dans l’étude de phase 3 intitulée « PROMISE-2 », l’efficacité de l’eptinezumab a été évaluée chez des adultes souffrant de migraine chronique. Il s’agissait d’une étude randomisée, en double aveugle, contrôlée par placebo, qui s’est étendue sur 24 semaines de traitement. Les résultats ont été prometteurs : les patients traités avec l’eptinezumab ont connu une réduction significative du nombre de jours de migraine par mois. Le traitement a été bien toléré, les effets indésirables les plus fréquents étant les infections des voies respiratoires supérieures, les rhinopharyngites et les sinusites[12].

Une autre étude, « PREVAIL », était un essai ouvert de phase 3 qui s’est déroulé sur deux ans et visait à évaluer la sécurité à long terme, l’immunogénicité et les résultats rapportés par les patients de l’eptinezumab. Les résultats ont montré que l’eptinezumab présentait un profil de sécurité favorable, une immunogénicité limitée à long terme et des réductions précoces et soutenues de la charge liée à la migraine sur une période de 2 ans[13].

L’eptinezumab est administré en perfusion intraveineuse de 30 minutes toutes les 12 semaines. Bien que le médicament ait montré une efficacité constante dans les essais cliniques, les effets secondaires potentiels comprennent les infections des voies respiratoires supérieures, la sinusite et la rhinopharyngite. Comme toujours, les patients doivent être informés de ces effets secondaires potentiels et consulter leur fournisseur de soins de santé en cas d’inquiétude.

En résumé, Vyepti (Eptinezumab) s’est imposé comme une option fiable pour la prévention de la migraine, les essais cliniques soulignant son efficacité et sa sécurité d’emploi à court et à long terme.

Ajovy (Fremanezumab) pour la prévention de la migraine

Ajovy, également connu sous son nom générique Fremanezumab, est un membre éminent des anticorps monoclonaux anti-CGRP développés pour la prévention de la migraine. Son introduction sur le marché a été soutenue par des essais cliniques rigoureux qui ont démontré son efficacité dans la réduction de la fréquence et de la gravité des migraines.

L’étude de phase 3 intitulée « FOCUS » est un essai randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo, qui a évalué l’efficacité du fremanezumab chez des patients migraineux n’ayant pas répondu à deux à quatre classes de médicaments préventifs contre la migraine. Les résultats ont été convaincants : les patients traités au Fremanezumab ont connu une réduction significative du nombre de jours de migraine par mois. Le traitement a été bien toléré, les effets indésirables les plus fréquents étant les infections des voies respiratoires supérieures, les rhinopharyngites et les sinusites[14].

Le fremanezumab est administré sous forme d’injection sous-cutanée, avec des options de dosage pour des injections mensuelles ou trimestrielles, ce qui offre une certaine flexibilité aux patients et aux prestataires de soins de santé. Bien que le médicament ait démontré une efficacité constante dans les essais cliniques, les effets secondaires potentiels comprennent des réactions au site d’injection, des infections des voies respiratoires supérieures et des rhinopharyngites. Comme pour tous les médicaments, il est essentiel que les patients soient informés de ces effets secondaires potentiels et qu’ils discutent de leurs inquiétudes avec leur prestataire de soins.

En résumé, Ajovy (Fremanezumab) a fait ses preuves dans la prévention de la migraine, les essais cliniques soulignant son efficacité et sa sécurité chez les patients qui n’ont pas répondu à d’autres traitements préventifs.

Emgality (Galcanezumab) pour la prévention de la migraine

Emgality, connu sous son nom générique Galcanezumab, est un élément essentiel de la gamme d’anticorps monoclonaux anti-CGRP pour la prévention de la migraine. Les essais cliniques ont été déterminants pour établir son efficacité et son innocuité dans la réduction des épisodes migraineux.

Dans l’étude de phase 3 intitulée « EVOLVE-2 », l’efficacité du galcanezumab a été rigoureusement testée chez des patients souffrant de migraine épisodique. Cet essai en double aveugle, contrôlé par placebo, s’est déroulé sur une période de 6 mois et a impliqué 915 patients. Les résultats ont été significatifs : les patients traités par le galcanezumab ont connu une réduction marquée du nombre de jours de migraine par mois. Plus précisément, les patients recevant des doses de Galcanezumab de 120 mg ou 240 mg ont vu une réduction de 4,3 et 4,2 jours respectivement, contre une réduction de 2,3 jours dans le groupe placebo. Les effets indésirables les plus fréquents signalés dans l’étude étaient les infections des voies respiratoires supérieures, les rhinopharyngites et les sinusites[15].

Le galcanezumab est administré sous forme d’injection sous-cutanée, avec des options de dosage pour des injections mensuelles. Bien que le médicament ait démontré une efficacité constante dans les essais cliniques, les effets secondaires potentiels comprennent les infections des voies respiratoires supérieures, la sinusite et la rhinopharyngite. Comme c’est le cas pour tous les médicaments, il est essentiel que les patients soient informés de ces effets secondaires potentiels et qu’ils discutent de leurs préoccupations avec leur fournisseur de soins de santé.

En résumé, Emgality (Galcanezumab) a consolidé sa position en tant qu’option efficace pour la prévention de la migraine, les essais cliniques soulignant son efficacité et sa sécurité dans la réduction de la fréquence et de la sévérité des crises de migraine.

Botox (toxine botulique) comme prévention de la migraine

Le Botox, ou toxine botulique, est une molécule naturelle que l’on trouve dans la nature. Bien qu’elle n’ait pas été conçue à l’origine pour la prévention de la migraine, son application dans ce domaine a constitué une avancée significative. Il est intéressant de noter que le Botox agirait sur la voie du CGRP, qui joue un rôle essentiel dans le processus de la migraine.

Une étude intitulée « Botulinum toxin type A as a migraine preventive treatment. For the BOTOX Migraine Clinical Research Group » a mis en évidence l’efficacité du Botox dans la prévention des crises de migraine. La recherche a montré que l’injection péricrânienne de toxine botulique de type A, à un dosage spécifique, était efficace pour réduire de manière significative la fréquence des migraines, leur gravité, l’utilisation de médicaments en phase aiguë et les vomissements associés, par rapport à un placebo[16].

En termes de posologie, le Botox est administré sous forme d’injections dans des zones spécifiques de la tête et du cou. Les injections sont généralement effectuées une fois tous les trois mois. Le nombre exact d’injections et la dose totale administrée lors de chaque séance peuvent varier en fonction des besoins du patient et des recommandations du médecin.

En ce qui concerne les effets secondaires, le Botox est généralement bien toléré, mais certains patients peuvent ressentir une douleur localisée, un gonflement ou une ecchymose au point d’injection. Parmi les autres effets secondaires potentiels, citons l’affaissement des paupières, la sécheresse des yeux, la sécheresse de la bouche, la fatigue, les douleurs cervicales et les maux de tête. Il est essentiel que les patients discutent de leurs préoccupations avec leur fournisseur de soins de santé et signalent immédiatement tout effet secondaire inhabituel ou grave.

En conclusion, bien que le Botox n’ait pas été conçu à l’origine pour la prévention des migraines, son efficacité dans ce domaine est bien documentée. Son action potentielle sur la voie du CGRP et les résultats probants des essais cliniques en font une option intéressante pour les personnes souffrant de crises de migraine chroniques.

Médicaments oraux anti-CGRP : Gepants

Dans le domaine de la prévention et du traitement de la migraine, l’introduction des gépants, une classe de médicaments oraux anti-CGRP, a constitué une avancée significative. Ces médicaments, tout en partageant un mécanisme d’action similaire à celui des anticorps monoclonaux anti-CGRP injectables abordés dans le chapitre précédent, offrent la commodité d’une administration par voie orale. Les patients disposent ainsi d’une alternative aux injections, ce qui rend le traitement plus accessible et améliore potentiellement l’observance. Deux molécules notables dans cette catégorie sont Atogepant (Qulipta) et Rimegepant (Nurtec). Chacun de ces gépants possède des propriétés, des schémas posologiques et des données d’essais cliniques qui lui sont propres et que nous allons explorer dans les sections suivantes.

Atogepant (Qulipta)

Atogepant, commercialisé sous le nom de Qulipta, est l’un des premiers gépants oraux conçus pour la prévention de la migraine. Des essais cliniques [17] ont démontré son efficacité dans la réduction de la fréquence et de la gravité des crises de migraine. La posologie du médicament implique une administration orale quotidienne, ce qui en fait une option pratique pour de nombreux patients. Comme tous les médicaments, l’Atogepant s’accompagne d’effets secondaires potentiels, notamment des nausées, de la fatigue et une sécheresse buccale. Cependant, son profil de sécurité global reste favorable, la plupart des effets secondaires étant de nature légère à modérée. Les essais cliniques ont souligné son efficacité et sa sécurité, ce qui en fait une option prometteuse pour ceux qui recherchent un traitement préventif oral des crises de migraine.

Rimegepant (Nurtec)

Rimegepant, vendu sous la marque Nurtec, est un autre gepant oral qui a attiré l’attention de la communauté migraineuse. Des études cliniques [18] ont démontré son efficacité non seulement dans la prévention des crises de migraine mais aussi dans le traitement des crises de migraine aiguës. La flexibilité de son utilisation, à la fois comme traitement préventif et comme traitement aigu, le distingue de nombreux autres médicaments contre la migraine. Le rimégépant est généralement administré sous forme de comprimés à désintégration orale, ce qui permet d’obtenir un soulagement rapide. Les effets secondaires potentiels sont les nausées, les infections urinaires et l’augmentation des taux d’enzymes hépatiques. Comme pour l’Atogepant, les effets secondaires sont généralement légers à modérés et le profil de sécurité du médicament est considéré comme favorable. La double action de Rimegepant, à la fois préventive et aiguë, offre une approche polyvalente de la gestion des crises de migraine.

Conclusion

La migraine, une affection neurologique débilitante, constitue depuis longtemps un défi pour les patients et les professionnels de la santé. Au fil des ans, la compréhension de ses mécanismes sous-jacents et de ses déclencheurs a évolué, conduisant au développement d’une gamme de traitements préventifs. Des médicaments oraux initialement conçus pour d’autres pathologies mais jugés efficaces pour la prévention de la migraine, à l’approche ciblée des anticorps monoclonaux anti-CGRP et des gépants, le paysage de la prévention de la migraine s’est radicalement transformé.L’introduction des traitements anti-CGRP, injectables et oraux, représente un progrès considérable. Ces traitements, spécifiquement conçus pour la prévention de la migraine, offrent un espoir à ceux qui ont eu du mal à trouver un soulagement avec les thérapies traditionnelles. La commodité des gepants oraux, en particulier, offre une alternative aux injections, améliorant potentiellement l’adhésion au traitement et l’expérience globale du patient.Toutefois, comme pour tous les médicaments, il est essentiel que les patients soient bien informés des effets secondaires potentiels et qu’ils maintiennent une communication ouverte avec leurs prestataires de soins de santé. Des plans de traitement individualisés, tenant compte des besoins et des circonstances uniques de chaque patient, seront toujours primordiaux.En conclusion, les progrès réalisés dans les traitements préventifs de la migraine témoignent des efforts incessants des chercheurs et des cliniciens du monde entier. Alors que la science continue à démêler les complexités des crises de migraine, on peut espérer que des traitements encore plus efficaces et personnalisés verront le jour, apportant ainsi un soulagement aux millions de personnes touchées par cette maladie.

References

[1]: Adherence to oral migraine-preventive medications among patients with chronic migraine

[2]: Persistence and switching patterns of oral migraine prophylactic medications among patients with chronic migraine: A retrospective claims analysis

[3]: Prophylactic pharmacotherapy for migraine headaches

[4]: Calcitonin-gene-related peptide pathway mAbs and migraine prevention

[5]: Current Trends in Migraine Prophylaxis

[6]: CGRP monoclonal antibodies in migraine: an efficacy and tolerability comparison with standard prophylactic drugs

[7]: The prevention of migraine: a critical review with special emphasis on beta-adrenoceptor blockers

[8]: Current Trends in Migraine Prophylaxis

[9]: Anti-CGRP Monoclonal Antibodies: the Next Era of Migraine Prevention?

[10]: Spotlight on Anti-CGRP Monoclonal Antibodies in Migraine: The Clinical Evidence to Date

[11]: ARISE: A Phase 3 randomized trial of erenumab for episodic migraine

[12]: Eptinezumab for the prevention of chronic migraine: efficacy and safety through 24 weeks of treatment in the phase 3 PROMISE-2 study

[13]: Long-term safety and tolerability of eptinezumab in patients with chronic migraine: a 2-year, open-label, phase 3 trial

[14]: [Fremanezumab versus placebo for migraine prevention in patients with documented failure to up to four migraine preventive medication classes (FOCUS): a randomised, double-blind, placebo-controlled, phase 3b trial](https://dx.doi.org/10.1016/S0140-6736(19)31946-4

[15]: https://dx.doi.org/10.1177/0333102418779543“>Efficacy and safety of galcanezumab for the prevention of episodic migraine: Results of the EVOLVE-2 Phase 3 randomized controlled clinical trial

[16]: Botulinum toxin type A as a migraine preventive treatment. For the BOTOX Migraine Clinical Research Group

[17] Ailani, J., Lipton, R. B., Goadsby, P. J., Kuca, B., Case, M. G., Aurora, S. K., & Giezek, H. (2021). Efficacy and safety of atogepant for the prevention of chronic migraine: a randomized phase 3 trial. Neurology, 97(10), e1041-e1051.

[18] Lipton, R. B., Croop, R., Stock, E. G., Stock, D. A., Morris, B. A., Frost, M., … & Coric, V. (2019). Rimegepant, an oral calcitonin gene–related peptide receptor antagonist, for migraine. New England Journal of Medicine, 381(2), 142-149. Link to the article

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